Patrimoine culturel

Ahaggar Cybersahara

VIE ET TRADITION DE L'AHAGGAR

Tout est vie. Contrairement à ce que l'on pense, l'Ahaggar n'est pas un désert conforme à l'image d'Epinal. Même ses régions les plus arides montrent à qui sait observer que des êtres vivants s'y abritent, protégeant et profitant du moindre souffle de vie. Au delà de l'Atakor, la Koudia, jusqu'aux confins du Ténéré et du Tanezrouft.

La vie dans l'Ahaggar a ses traditions, essentiellement tournées vers la meilleure adaptation au millieu et à l'environnement naturel. L'homme fait corps avec la nature en une symbiose et une harmonie millénaire qui grandit et magnifie le moindre petit geste quotidien. Allumer un feu. Connaître une plante médicinale. Mener les bêtes au pâturage. Dresser la kheïma. Cultiver un jardin minuscule. Parler. Saluer. Accueillir. Veiller et raconter autour d'un thé partagé. Les nouvelles circulent. On se retrouve et la présence de tous est un réconfort après le voyage.

Les grands espaces sont gravés dans les mémoires. Dans le regard de chacun peut briller le plus beau paysage souvenu. Le ciel bleu colore les chechs de son indigo naturel. Tout est vie. Mille et une traditions animent les montagnes noires ou brunes, habillées en légendes, les plaines blanches, idaben, les tassilis de l'Ahaggar et du Tidikelt.

 

Le désert ?

Un océan manifeste.

Pour Cassiopée ou pour Pégase,

Un océan au-dessus des têtes,

Sextant sidéral,

Lactescent et qui scintille,

Un diamant géant.

Oui, Il n'est plus loin l'océan

Quand rugit l'eau des sources jaillissantes,

Une eau des profondeurs,

Sous les kilomètres de sédiments

L'eau des mers souterraines,

Un océan fossile coincé

Entre substratum,

Socle et sédiment,

Gaz, pétrole et minéraux,

Emergence,

Loin du ciel,

Sous le cipolin,

Peut-être qu'ici

L'océan n'est pas vraiment mort,

Il bouillonne certainement

Ou il se repose,

Intermédiaire,

Sous-jacent, à fleur de peau,

Dans les cœurs.

Oui,

Dans les cœurs,

Les tassilis et la Koudia au centre

Sont un océan omniprésent,

Un compagnon, une histoire,

A la fois océan imaginaire et bien ancré

Dans le présent,

La tempête apaisée,

La houle,

Un point à l'horizon,

Un petit air de croisière,

Baie, estuaire, golfes embouchure,

Fabuleux gisement de rêves authentiques

Une caravane de cargos chargés,

Super-tanker ou boat-people, toujours navires,

Chargés jusqu'à ras bord,

Adaptés aux exigences,

Temporelles ou spirituelles,

Caravansérail,

Axes et intersection,

Migrations majeures, migrations mineures,

Alternances, endémisme,

Adaptations,

Mimétismes, poluchromie, survivances,

Relique Toujours portée par les courants,

Utilisant luminescence et bioluminescence,

La lumière continue ou intermittente,

Des signaux, des repères, des reflets lumineux,

L'ombre des nuages qui se déplace sur les montagnes du désert

Telle une houle, un embrun, une lame,

Des poissons volants à la surface,

Au creux,

Ascendant,

Des intellectuels de haut vol que ces migrateurs

Qui s'en vont et reviendront,

Comme le dit, si bien,Ibn Sinna (Avicenne) :

" l'oiseau s'envole vers des cieux de plus en plus subtils, de plus en plus bleus ",

le pélican, les mouettes, l'albatros marins ou les cigognes, les grues cendrées et les flamands ?

Hassan El Ouazani, dit Léon l'Africain,

Ibn Batouta, El Idriss,

Des voyageurs traverse les mers,

Comme on traverse les déserts,

Comme on écume les mers,

Se proposent-ils

De faire le lien entre l'infini et l'infini ?

 

Oui, Un océan céleste

Car le désert est aussi au-dessus des têtes

Nuages de gaz et de poussière,

Un univers fragmenté ou homogène,

Peu importe,

Le désert est une lumière

Qui nous éclaire,

Un océan sous influence cosmique,

Il nous donne la température,

L'énergie et la compensation nécessaires,

Un gigantesque générateur de beauté,

Ineffable,

Calme,

Lente ou rapide,

Interactive ou imprévue,

Une insondable réserve,

Une nébuleuse,

Un géant,

Une naine bleue,

Une brillance,

Un fugitif éclair,

Une surbrillance ou éternelle féerie,

Un millieu enrichi,

Un milieu d'une densité extrême,

Un résidu d'histoire de planète,

Un papyrus véritable,

Une généalogie sur une peau d'antilopidé.

Le désert : le big bang de l'océan,

L'âme de l'océan,

L'indispensable complément du cœur et de la raison,

Une clé,

Une odysée matérialisée,

Un sas entre le passé et l'avenir,

Une très haute énergie,

Un aimant,

Un accélérateur ou un noble conservateur,

Une très haute densité,

Un détecteur,

Un instrument de mesure

Du quartz et du mica,

Des phonolites et des trachytes,

Il ne se dérobe pas,

Il offre tous les types de traces,

De vestiges, de messages,

Il n'est point sectaire,

Il témoigne,

Il universalise le minéral,

La flore,

La faune et l'humanité d'une géode.

Tourbillon, noyade,

Naufrage, escale,

Destin échoué,

Mise à flot,

Quai accosté,

Des centaines de milliers,

Des millions de kilomètres carrés,

Une vaste étendue hors du temps,

Fluide et tendue,

Un assèchement,

Une évaporation intense

Et des squales d'un désert secondaire

A l'aube d'une hécatombe du tertiaire,

Une disparition

Et la dérive aquatique,

Et pour l'actuel désert,

Une jeunesse de deux mille ans,

A peine un peu plus.

Port caravanier,

Rêve d'enfant, rêve de pierres sous le bleu,

Ton port d'attache : le paradis,

Désert méandriforme

D'argile et de fer

Pour Lutter contre le vent

Le froid, la chaleur

Et parfois une fatigue passagère.

 

 

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